Alice

  Alors que Fifty Shade cartonne dans les salles et dans le métro (le nombre de personnes le lisant à exploser ses dernières semaines), je suis tombée par hasard sur Alice.

Alice a vingt et un ans, le bel âge, dit-on… Mais, très tôt prise dans la tourmente du divorce parental, désormais en charge de ses deux petites soeurs, comment pourrait-elle encore croire à ce cliché?
Vaillamment, Alice fait front: elle reste vivre avec ses soeurs dans l’immense appartement pariseien occupé durant des années par la famille, aujourd’hui peuplé de souvenirs, de photos d’une autre époque. Appartement refuge et prison, appartement liberté aussi, car désormais la vie lui tend les bras.

Alice fait la rencontre d’Emmanuel, de vingt ans plus âgé qu’elle, et leur peau, leurs mains inventent aussitôt un langage trouble et sensuel. Ce qui ne devait être qu’une relation de pur plaisir évolue, en dépit de règles du jeu que l’on croyait immuables.
Alice, toute d’insouciance et de légèreté, devra quitter au fil du livre et des années ses vêtements de petite fille et s’inventer sa propre vie amoureuse. 

Emma Becker est une jeune auteur française vivant en Allemagne et Alice est son deuxième roman. Le premier Mr était très prometteur mais il lui manquait un petit quelque chose à mes yeux pour réussir à me transporter vraiment. 

Alice lui y arrive sans aucun problème. 

Alice est jeune et insouciante. Elle aime s’amuser et ne veut surtout pas penser au désastre qui l’entoure. Ses soeurs Anaïs et Madeleine, trimballées de foyer en foyer, essaient elle aussi de garder pied en s’appuyant sur leur aînée. Parce que le but c’est juste ne pas sombrer. De ne pas s’enfoncer plus profondément dans la misère qui est la leur. 

Le bel appartement parisien que les filles croient hanté, n’est plus qu’un capharnaüm rempli de sous vêtements qu’elles se partagent, de déchets alimentaires laissés là où elles sont passées, et de joints dissiminés dans chaque recoin. La nourriture se fait rare à certains moments, les parents se rejetant mutuellement la faute et la responsabilité de nourir leurs filles… Une famille a la dérive comme il peut en exister dans la vraie vie… 

Et au milieu de tout cela apparaît Emmanuel. On croit comprendre que c’est une connaisssance (de la famille?), une figure rencontré avant le premier chapitre estivale. Emmanuel qui se remet doucement de son divorce et surtout de sa si feline ex-femme. Emmanuel qui fait sa « crise de milieu de vie », qui se cherche et se retrouve pris en otage par la jeunesse folle d’Alice. Car c’est bien Alice qui décide, elle a commencé et elle seule connaît les règles du jeu. Ou plutôt est sensé les connaître, elle perd pieds dans ses contradictions, ses mensonges et ses envies bien trop souvent pour s’en rappeler. Emmanuel, qui a finit par céder à ses caprices d’amante, en tombe finalement éperduement amoureux. Mais comment aimer cette folie, cette détresse quand on a soi-même du mal à avancer? Il aimerait la faire grandir, l’assagir alors que c’est cette part d’enfant pas encore tout à fait grand qu’il aime… 

Ce genre de livre joue surtout sur les émotions, les sentiments, aussi bien des personnages que du lecteur. Il décrit à la quasi perfection les scènes du radeau à la dérive qu’est leur amour. On y retrouve l’innocence des instants présents, la mesquinerie et la cruauté des mensonges qu’on « croyait bien faire » et surtout tout cet amour inconditionnel qui caractérise aussi bien Emmanuel que Alice, et ça leur fait peur, les dérange même. Cela donne d’ailleurs de très jolies citations sur la famille que j’ai trouvé très juste. En définitive un livre que je garde précieusement, que je relirai plus tard, quand j’aurai dépasser la tranche d’âge d’Alice justement…

Petit attention: c’est une histoire d’amour très charnel.

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