Sous les couvertures

/home/wpcom/public_html/wp-content/blogs.dir/a69/48438538/files/2014/12/img_3778-0.jpgLa rentrée littéraire est arrivée et avec elle son lot de perles. Et parmi celles-ci le livre de Bernard Guillot, Sous les couvertures, récit atypique ne se classant pas facilement parmi les nouveautés de cette rentrée.

Sous les couvertures c’est un livre sur les livres, sur le monde littéraire d’aujourd’hui, c’est un constat parfois triste, parfois joyeux sur les lecteurs, l’avenir du papier et du numérique, les guerres entre éditeurs/auteurs et tout le reste.

L’intrigue se passe dans une librairie, le week end est là et le magasin ne réouvrira que le lundi suivant.
Les livres s’animent alors et prennent les comportements, les rêves, les ambitions de leurs auteurs respectifs. La grosse affaire de ce week end c’est les retours des livres aux éditeurs. En effet, nous sommes en début de mois et il est temps pour le libraire de renvoyer les invendus. Tous les livres ont peur de ce carton, et si certains optimistes espèrent trouver le paradis par celui-ci, la plupart savent qu’ils finiront au pilon, détruits, laissés pour mort et sans plus aucun avenir. On craint pour ses pages, ses histoires et son papier. Le pire serait d’être recyclé en papier toilette!
Et parmi toutes ces discussions s’élève la voix de Grand, grand par la taille, par l’épaisseur de ses pages, Grand est un timide que ses amis poussent malgré lui sur le devant de la scène. Il va redonner espoir à ses compatriotes et les pousser à attaquer les tables de devant, ces tables qui présentent les dernières nouveautés et les livres à la mode.
Mais tout ceci ne se fera pas facilement, chez les livres comme chez leurs auteurs règnent une lutte de pouvoir, une concurrence basée sur l’ancienneté, les parutions et les critiques…

L’auteur s’amuse beaucoup dans ses pages, de nombreux clins d’œil à des livres ou auteurs encore vivants sont présents. À commencer par l’intrigue de Grand 😉 Il prête aussi une voix aux anciens, aux classiques indémodables qui regardent avec attention et commentaires cette guerre des boutons. Ce n’est pas forcément l’idée que je m’en faisais, mais pour rien je ne changerai celle de l’auteur qui les rends vivants et bien plus proches de nous. Parce que c’est ici la force de ce livre, ces objets de papier ne m’ont jamais paru aussi près de moi, ayant une aussi grande importance dans ma vie qu’après avoir lu ce récit. Il nous interroge mine de rien sur notre rapport aux livres, au papier comme au numérique. Il ne prends aucun parti, montrant les avantages et les inconvénients des deux. Ainsi même si le vieux libraire désespère en voyant ses petits enfants scotchés sur leurs tablettes, il reconnaît que cela les fait lire, que malgré tout c’est une bonne chose si cela peut leur donner le plaisir de la lecture. La culpabilité du fils en est l’exemple criant, il a le souvenir de son enfance passé le nez dans ses livres et en même temps il veut vivre avec son temps, pour au final accepter un boulot chez un géant de l’internet que tout le monde reconnaîtra facilement.

Je pourrai parler de ce livre des heures tellement celui ci m’a plu mais il faut bien s’arrêter 🙂 Seul bémol, 100 pages de plus sur les humains n’auraient pas été superflu, car même si on les retrouve régulièrement, on reste avec un goût d’inachevé les concernant. J’aurai aimé en savoir plus sur le fils, sur les auteurs qui se tournent autour (mon côté romantique), sur l’après dans la librairie, vont-ils s’en sortir?

Ma ptite conclusion: Si vous ne l’avez pas encore lu, faites le. Ce n’est pas un roman comme les autres, il apporte des tonnes de questions auxquels il nous faudra bien répondre un jour…

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