Il était fait pour moi…



Shakespeare n'a rien compris.
Roméo et Juliette?
Complètement à côté de la plaque.
Deux amants maudits, déchirés par leur famille et par le destin.
Lamentable histoire.
La vérité, c'est qu'il y avait déjà quelqu'un
dans le tableau avant que Juliette arrive.
Quelqu'un que Roméo aimait beaucoup: Rosaline. Moi.
Juliette n'était en rien une douce et innocente
jeune fille écrasée par la fatalité.
Elle avait choisi sa destinée.
Et Roméo? Roméo, lui, avait déjà une âme soeur.
Il était fait pour moi!
C'est avec moi qu'il aurait passé le reste de  l'éternité si...

« C’est la vie. Il faut la prendre comme elle vient, parce que, au milieu de tout ce qui foire, il y a quand même un paquet de trucs géniaux »

Il était fait pour moi de Rebecca Serle est un livre acheté par hasard, alors que je m’ennuyai sur Amazon… Et qui dit ennui, dit pré-commande et achat de nouveaux livres. Cette fois, juste une dizaine, donc celui là.

J’ai tout d’abord été attiré par la couverture, l’image d’un couple très amoureux qui contraste avec ce titre à l’imparfait. Parce que cela laisse présager une mauvaise fin, une histoire qui finit mal.
En effet, ce livre d’une certaine façon revisite l’histoire de Roméo et Juliette, cette pièce de Shakespeare où suite à une nuit torride et au choix de Roméo de quitter sa fiancé pour une autre, deux très jeunes amants devront mourir. Une pièce magnifique mais où personne n’a le choix, le destin a tranché par avance et tous, ne font que subir.

Ici, Rebbeca Serle en décide autrement. Elle nous livre l’histoire de Rosaline, la fiancée de Roméo, la première celle qui était là avant Juliette, dans le premier acte.

Scène Première: « BENVOLIO. – Amoureux ?
ROMÉO. – Éperdu… »
Scène Deux, à Roméo: « BENVOLIO. – C’est l’antique fête des Capulets ; la charmante Rosaline, celle que tu aimes tant, y soupera, ainsi que toutes les beautés admirées de Vérone ; vas-y, puis, d’un oeil impartial, compare son visage à d’autres que je te montrerai, et je te ferai convenir que ton cygne n’est qu’un corbeau. »

Mais dans ce joli ouvrage, l’histoire est transporté à notre époque dans une Amérique de séries télés. Nous sommes donc à San Bellaro, avec Rosaline fille Caplet et meilleure amie de Rob Monteg. Ils s’aiment et leur histoire maladroite débute tout juste. Puis revient de Los Angeles la cousine de Rosaline,  Juliette Caplet, fille de Robert Caplet, l’ennemi juré du père de Rob. Ce qui se passe entre Juliette et Rob (=Roméo donc), Shakespeare nous l’a déjà conté et l’auteur décide de ne pas nous le redire, à la place nous nous concentrons exclusivement sur le devenir de Rosaline.
Sur son cœur brisé, les deuils qu’elle devra (en) faire, sa culpabilité, son refus de voir la vérité. Mais surtout sur sa remontée des enfers.
Parce que c’est là le message du livre, la vie est un choix. Que s’il y a une part de destin, c’est surtout une question de choix, bon ou mauvais, c’est ce qui nous permet d’avancer. Le bonheur est un choix. Et connaître à l’avance la fin de l’histoire ne nous permettra pas forcément d’en faire de meilleurs, bien au contraire.
Alors bien sûr, ce n’est pas de la grande littérature et il y a quelques incohérences (Canal + aux Etats Unis… C’est personnellement pas la première chaîne qui me serait venu à l’esprit, mais je pense que c’est un choix de la traductrice…), mais c’est un livre que j’aurai aimé avoir lu/à lire, à 16 ans, alors que je pleurais toutes les larmes de mon corps pour un mon premier amour. C’est un livre qui apporte de l’espoir. En la vie, mais surtout en soi même. L’héroïne grandi au cours de l’année, elle apprends des autres et d’elle-même, elle apprends à ne plus suivre le chemin tout tracer et à s’écouter, à se valoriser. Le tout avec une bonne pointe d’humour qui permet de faire passer les passages les plus dramatiques.
Et même aujourd’hui, alors que mes 16 ans sont définitivement révolus, ce livre m’a rappelé ces moments là, le moment où on prends conscience que c’est nos choix et seulement les nôtre qui nous définissent.

« Ecoute, je ne sais pas comment te le dire autrement. Mais tu n’as pas t’inquiéter parce qu’un pauvre mec n’a pas su tomber amoureux de toi. Ça ne change pas qui tu es. »

Infos plus ou moins utiles:
Éditeur: Hachette Romans, collection Bloom
Prix: 15€
Pages: 384

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